Les sites maçonniques des différents Suprême Conseil du Rite Écossais Ancien et Accepté donnent des références historiques très documentés sur la naissance des «hauts grades» en Franc-maçonnerie. Nous vous encourageons à les consulter, nous citerons notamment ceux du Suprême Conseil pour la France, du Suprême Conseil de France, du Suprême Conseil National de France etc. Les anglo-saxons préféreront dénommer les degrés supérieurs «SIDE DEGREES».

Voici quelques grandes étapes qui vont concourir à la naissance et à la constitution du Rite Écossais Ancien et accepté, en abrégé R.E.A.A.

La maçonnerie spéculative et la naissance des « hauts grades »

Le 24 juin 1717, quatre loges londoniennes se sont réunies à la Goose and Gridiron Ale House et ont institutionnalisé la franc-maçonnerie non opérative lorsqu’elles ont établi la Grande Loge d’Angleterre et élu son premier Grand Maître Antony Sayer.

Il convient de rappeler qu’au moment de la création de la première grande loge, il n’y avait encore que deux grades : apprenti inscrit et compagnon de métier.

Le grade de Maitre serait apparu le 12 mai 1725, Fr. Charles Cotton a reçu un diplôme de maître maçon.

Les Hauts Grades et les « Loges des Maçons Écossais »

Dès 1733, une référence à une « loge écossaise des maçons » est apparue dans une liste manuscrite de loges du Dr Richard Rawlinson, et l’année suivante, elle a de nouveau été mentionnée dans une liste imprimée des corps maçonniques. Les premières désignations « Scotts », « Scotch » et « Scottish » font référence à un type de maçonnerie pratiquée, plutôt que de se référer aux Écossais.

La Maçonnerie française des Hauts Grades :

Stephen Morin et l’Ordre du Royal Secret

Les Hauts Grades ont rapidement prospéré en France. En 1732, une loge anglaise, nommée à juste titre Loge L’Anglaise, a été fondée à Bordeaux, en France. Elle existe encore de nos jours.

A cette époque, les places fortes maçonniques françaises étaient à Bordeaux et Paris. Le 27 août 1761, la Grande Loge française à Paris (Grande et Souveraine Loge de Saint-Jean de Jérusalem), agissant avec un corps des degrés supérieurs, (le Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident, Souveraine Loge Mère Écossaise, a délivré un brevet à Étienne Morin en tant que Grand Inspecteur, « l’autorisant à établir une Maçonnerie parfaite et sublime dans toutes les parties du monde ».

Vers 1763, Étienne Morin créa et promulgua un rite maçonnique de 25 degrés qu’il appela « l’Ordre du Royal Secret » ou « Ordre du Prince du Royal Secret appelé aussi « Rite de la Perfection ».

Vers 1763, Morin a introduit l’Ordre du Royal Secret à Kingston, en Jamaïque, puis en 1764 sur le sol nord-américain à la Nouvelle-Orléans, en Louisiane. À cette époque, Morin donna le pouvoir à un maçon hollandais enthousiaste, Henry Andrew Francken, d’établir des corps maçonniques dans tout le Nouveau Monde, y compris aux États-Unis.

Francken s’embarqua bientôt pour New York, et en 1767, il commença à conférer les degrés supérieurs à Albany.

Naissance du Rite Ecossais : Charleston, 31 mai 1801

Le 24 mai 1801, John Mitchell nomma le révérend Frederick Dalcho (un Prussien, né à Londres) inspecteur général adjoint de l’Ordre du Royal Secret, et une semaine plus tard, le 31 mai, « le Suprême Conseil du 33e degré pour les États-Unis d’Amérique », a été ouvert conformément aux Grandes Constitutions à Charleston, Caroline du Sud, sous la présidence du Colonel Mitchell et du Révérend Dalcho. Le Suprême Conseil était un système supérieur à l’Ordre du Royal Secret de Morin ; il administrait 33 degrés, dont les 25 du rite de Morin. L’autorité traditionnelle du Suprême Conseil découle des « Grandes Constitutions, Statuts, Règlements etc. » pour le Gouvernement du Conseil Suprême des Inspecteurs Généraux du 33e et pour le Gouvernement de tous les Conseils relevant de leur Juridiction. La circulaire à travers Deux hémisphères, ou « Manifeste de 1802 » (le premier document imprimé publié par le Suprême Conseil), affirmait également que Frédéric le Grand avait été l’instigateur de sa création.

Le Suprême Conseil de Charleston est le premier Conseil Suprême du 33° dans le Monde. Il continue d’exister aujourd’hui en tant que Suprême Conseil du 33°, Juridiction du Sud, et son siège reste à Charleston, bien que sa résidence ait été déplacée à Washington, DC, vers 1870.

Auguste de Grasse-Tilly

Auguste de Grasse-Tilly débarque en 1789 à Saint Domingue, il fréquente les Frères de la Loge de Perfection Saint Jean de Jérusalem Écossaise. Contrait de quitter l’île qui est en proie à des soulèvements, il arrive à Charleston en Caroline du Sud. Les américains n’ont pas oublié pas qu’Auguste est le fils de l’Amiral de Grasse qui s’est illustré au cours de la Guerre d’Indépendance notamment lors de la bataille de Yorktown qui fut une victoire décisive.

Auguste de Grasse Tilly rencontrera John Mitchell, Frédérick Dalcho, Isaac Auld, Barend Spitzer, Moses Cohen, Himann Isaac Long etc. Ces frères pratiquent tous le Rite de Perfection, après une lente maturation il décide de rajouter 8 degrés supplémentaires pour constituer le 31 mai 1801 le Suprême Conseil du 33e degré pour les États-Unis d’Amérique, après avoir élevé un 3ème membre. A Charleston, c’est le 21 février 1802 que le nombre total des Souverains Grands Inspecteurs Généraux sera complété à neuf membres.

Alexandre François Auguste de Grasse-Tilly, reçut une patente et fut nommé le même jour par le Suprême Conseil des États-Unis d’Amérique, Grand Commandeur ad vitam des Iles Françaises des Indes Occidentales, avec Jean Baptiste Delahogue, son beau-père, en qualité de Lieutenant Grand Commandeur.

Après un retour en 1802 à Saint Domingue, et divers déboires dus à une véritable situation de guerre, il repart avec son beau-père Jean Baptiste Delahogue. Ensemble, ils débarqueront à Bordeaux en 1804.

Ils reprennent une intense activité maçonnique avec la communication des Hauts Grades Écossais et le 20 octobre 1804 le Suprême Conseil de France sera constitué.

De Grasse-Tilly continuera de constituer de nouveaux Suprêmes Conseils :

  • En Italie à Milan en 1805
  • En 1809, il contribue à la création du Suprême Conseil des Deux Sicile à Naples
  • En 1811, il participe à la création du Suprême Conseil d’Espagne.

De cette période nos jours, diverses péripéties vont agiter en France, la franc-maçonnerie en général et celle du rite Écossais Ancien et Accepté en particulier.

Nous invitons le lecteur à consulter les nombreux sites internet que nous vous avons conseillés sur notre page d’accueil ou vous pourrez trouver des informations complètes et documentés sur cette période faite de rebondissements.

L’histoire du R.E.A.A. en est l’exemple, dans la mesure ou l’Histoire continue de s’écrire chaque jour.

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